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  • : "She generally gave herself very good advice, (though she very seldom followed it)." — Lewis Carroll (Alice's Adventures in Wonderland / Through the Looking-Glass).
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Samedi 7 août 2010 6 07 /08 /Août /2010 17:35

''Dans une prochaine vie, j'épargnerai moins et je dépenserai plus.'' C'est ce que je me suis dit en repartant de chez mon courtier hypothécaire.

J'avais toujours pensé qu'en ayant épargné plus que la valeur de la propriété que je voulais acheter et en démontrant des revenus largement supérieurs au revenu familial moyen depuis plus de 5 ans, je n'aurais aucun mal à obtenir un prêt hypothécaire le moment venu.

Erreur.

J'avais même cru qu'en obtenant une pré-qualification auprès de 2 prêteurs différents, je pouvais me lancer le coeur léger dans la chasse au condo.

Erreur.

J'avais même eu l'audace de croire qu'en n'ayant aucune dette, je serais considérée comme une excellente candidate.

Grossière erreur.

La pire erreur aura peut-être été d'oublier mon compte Visa deux fois cette année. Dix ans de paiement réguliers, deux paiements en retard, et hop! Une belle chute de pointage de crédit. Oups. Mea culpa.

medium_bonnet-d_ane.jpg Je me sens poche. Poche de faire un salaire vertigineux, mais à contrat. Poche d'avoir sauté 2 paiements Visa alors que j'avais largement l'argent nécessaire pour payer le solde. Poche de n'être jamais 'entrée' de plein pied dans le système financier nord-américain, moi qui pratique ce continent depuis plus de dix ans. Poche parce que je savais que pour emprunter, il fallait un historique de crédit, mais que je n'ai pas consommé à crédit (''comment? même votre voiture vous appartient? ah bon, elle n'est pas louée? vous n'avez pas emprunté pour l'acheter?!!! ah, mais ce n'est vraiment pas bon, ça, Madame...''). Bref, je me sens poche. Je suis le bonnet d'âne de la classe.

Alors me voilà le bec dans l'eau, moi et toutes mes économies, suspendue au bon vouloir de mon plus gros créancier -mon propriétaire en vacances aux îles de la Madeleine pour l'été!-, en attente d'une lettre attestant que je paie mon loyer régulièrement (parce que voyez-vous, les relevés de compte ne suffisent pas).

Et s'il ne m'envoie pas cette lettre? Plan B: fuck les banques, fuck les organismes de crédit, je paie cash!

***

Pour la peine, j'y suis rentrée de plein fouet dans le système financier nord américain. L'Amérique du Nord: le continent où si t'as pas de dettes, t'es pas crédible. Je sais, il faut s'adapter. Je vis ici et non plus en Europe. N'empêche, je trouverai toujours un peu malsain d'être jugée sur ma capacité à contracter des crédits et à les rembourser, plutôt que sur ma capacité à ne justement pas en contracter et à épargner.


Publié dans : La course au caucus
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Jeudi 15 juillet 2010 4 15 /07 /Juil /2010 04:03


J'ai une amie qui répète toujours: ''Pour avoir ce qu'on veut, il faut d'abord dire non à ce qu'on ne veut pas.'' Deux ans qu'elle me le serine, comme une ritournelle. Pourtant, il y a certaines choses auxquelles je n'ai commencé à dire non qu'au début de l'année. Et seulement parce que ça faisait partie des bonnes résolutions 2010. Ainsi, j'ai décidé de dire non aux Connards, vaste catégorie qui englobe l'éternel indécis (il a généralement 40 ans et ne sait toujours pas s'il est fait ou non pour la vie de couple), le pas-prêt (mais si! je suis sûre que tu l'as déjà rencontré: ''je t'aime mais je ne suis pas prêt'', tu te souviens?), l'égoïste (est-il nécessaire de faire une description?), le dragueur professionnel (celui-là se plaît à se définir comme hédoniste ou comme épicurien, c'est mourrant!), et j'en passe.


En janvier 2010, j'ai donc décidé de dire non à Connardus Maximus,  avec qui j'entretenais des rapports sporadiques depuis plusieurs années. Il faut savoir que Connardus Maximus, un bel homme intelligent, est marié et père de deux enfants (honte à moi, mais pour ma défense, je couchais déjà avec lui quand il a rencontré sa femme!). Ainsi, j'ai relégué Connardus Maximus au rang des vieux souvenirs malsains, bref, des choses dont on ne veut plus. J'ai fait le méange. Poliment. Je lui ai dit que je voyais quelqu'un. Comme Connardus Maximus sait que je ne saute pas la clôture quand je fricotte, il me laisse généralement en paix quelques mois. Surtout que cette fois-là,  je me suis fendue d'un e-mail de deux pages pour lui expliquer qu'il ferait mieux de partir en vacances avec sa femme et de réfléchir au sens de la vie (faut croire que j'étais dans un jour de sagesse et d'empathie!).


Mais après quelques mois de silence, Connardus Maximus est venu aux informations.


De: Connardus Maximus

Le: 2 juillet 2010

J'ai envie de te faire un cunilingus.

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De: Connardus Maximus:

Le: 13 juillet 2010

Tu ne réponds pas? Toujours avec ton homme?

xxx

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De: Alice

Le 13 juillet 2010

Oui.

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De: Connardus Maximus:

Le: 13 juillet 2010

Est-ce que tu as une amie qui voudrait baiser avec moi?

xxx


Un trou est un trou. Et il y a décidément des choses qui ne me manquent pas et auxquelles je suis ravie d'avoir réussi à dire non. Je m'auto-congratule pour cette sage résolution, tiens! Clap clap clap!!!


Publié dans : Le terrain de croquet de la Reine
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Dimanche 13 juin 2010 7 13 /06 /Juin /2010 05:22

 

Velo.jpgChère Clémence,

Lorsque vous m'avez donné congé début janvier, je n'y ai pas cru. J'avais toujours pensé que les psys ne donnent pas congé, qu'ils ont tout intérêt à garder leur patient malade - c'est plus payant -, que les patients les plus intelligents décrochent d'eux-mêmes lorsqu'ils se sentent assez grandis pour reprendre leur vol, seuls. Alors lorsque vous m'avez dit: ''Vous n'avez plus besoin de moi'', je ne vous ai pas crue. Je suis partie inquiète. Reprendre la vie sans vous, c'était comme faire du vélo sans les petites roues.

Vous avez dit: ''Vous avez réussi là où c'est le plus difficile: changer votre dynamique familiale. D'habitude, c'est ce que les gens font en dernier, parce que c'est ce qu'il y a de plus ancré. Ils changent d'abord leur dynamique au sein de leur réseau social, puis au sein de leur vie professionnelle. Ensuite seulement, ils s'attaquent à la famille. Vous, c'est ce que vous avez fait en premier. Je n'ai plus rien à vous apprendre. Vous allez voir, tout va changer.''

Je suis partie sceptique. Aussi sceptique que lorsque j'étais arrivée. J'étais venue vous consulter pour une rupture, vous vous souvenez? En bonne psychanalyste,  vous m'avez rétorqué que non. Que la rupture était un prétexte. Que le problème réel, c'était ma relation avec mes parents. J'ai trouvé ça cliché, et je vous l'ai dit. Un an plus tard, je crois que vous aviez raison.

Alors voilà, maintenant, je fais du vélo sans les petites roues. Ça fait six mois et je ne me suis pas encore cassé la gueule. Tout a changé, exactement comme vous le disiez. Je suis passée de la fille insécure, en perpétuelle quête de reconnaissance et d'affection, à la fille indépendante, et sans effort! Maintenant, je suis non seulement capable, mais aussi ravie, de passer des soirées seules, comme le font les gens normaux. Tenez, ce soir, j'ai fait de la compote fraise-rhubarbe. Je n'ai plus ce besoin viscéral de combler le temps. Je me sens libre, détendue. En amour aussi. Moi qui n'avais jamais rompu en trente ans, j'ai montré la porte de sortie à trois hommes depuis janvier. Bien sûr, il a fallu que je me botte le cul pour le faire, mais grâce à vous j'ai compris qu'il valait mieux être seule que mal accompagnée. J'avais beau le savoir déjà, c'était la première fois que je le mettais en application.

Alors je vous écris pour vous remercier. Et pour vous dire que je pense à vous souvent. Lorsque je ne suis pas certaine de l'attitude à adopter, je me demande: ''Qu'est-ce que Clémence me dirait?''. Et je vous visualise clairement, campée dans votre fauteuil beige, avec votre air pincé, vos lunettes Prada et vos Louboutin à talons Louis XV. Je vous entends aussi. J'entends tout ce que vous avez à me dire.

Tout a changé. J'ai l'impression d'être dans une autre vie. D'avoir laissé bien des choses derrière moi, pour le meilleur. Je me sens en paix, et c'est surtout grâce à vous.

Merci.

Alice

 

Publié dans : La descente dans le terrier du lapin
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Samedi 5 juin 2010 6 05 /06 /Juin /2010 18:03

 

 

Publié dans : Le quadrille des homards
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Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 02:46


De: Lui

Envoyé à: 15:28

Sujet: (aucun)


SAM 1118COS

 













 

 

De: Elle

Envoyé à: 20:43

Sujet: Pour: 'El Suave'

 

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Publié dans : Le terrain de croquet de la Reine
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